À Liège Atlas, une transformation numérique à visage humain

Non classifié(e) / 27 Mai.

Une vision ambitieuse, mais pragmatique

Quand on parle de transformation numérique à l’école, le risque est de tomber dans le piège du “tout technologique”, sans réel impact pédagogique. À l’Athénée Royal Liège Atlas, cette transition a été pensée différemment. Jonathan, enseignant de mathématiques de formation et féru d’informatique, est devenu le pilier de cette évolution, endossant aujourd’hui à temps plein le rôle de référent numérique. Avec un objectif clair : accompagner le changement, en gardant toujours l’élève et l’enseignant au centre.

Un parcours marqué par l’engagement

« J’ai commencé comme prof de maths au degré inférieur. Depuis toujours, je bricole mes PC, je règle les soucis informatiques… J’ai naturellement été sollicité à l’école pour dépanner. Puis, petit à petit, la direction m’a octroyé quelques heures pour ces tâches. » Ce qui n’était qu’un soutien informel est devenu un rôle à part entière. De professeur, Jonathan est passé horairiste, puis référent numérique à mi-temps… jusqu’au grand saut : un détachement complet pour coordonner le déploiement numérique du projet One-to-One.

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Le projet One-to-One : un écosystème bien pensé

Depuis 2023, Liège Atlas a initié un ambitieux projet sur trois ans : équiper progressivement les élèves d’iPads. La première année, les classes de 1re et de 4e ont été dotées d’une tablette. « Ce n’est pas un saut dans le vide. On a d’abord refait tout le réseau Wi-Fi, remplacé les TBI par des écrans interactifs, formé les enseignants. Il fallait d’abord que tout fonctionne. »

Les chiffres donnent le tournis : 1 270 élèves, environ 200 iPads entre enseignants, direction et personnel éducatif, 87 écrans interactifs, 5 salles informatiques, deux implantations à gérer, et une équipe technique de 4 personnes. Tout cela supervisé par Jonathan. « Oui, je suis sur du 40-50 heures semaine. Mais je m’y retrouve, parce qu’on sent que le projet prend forme. »

Accompagner les enseignants, sans pression

Plutôt que d’imposer, Jonathan et son équipe ont choisi d’accompagner. Dès l’année précédente, les enseignants ont reçu leur iPad, un clavier et un stylet. Des formations ont été organisées par niveaux, puis des ateliers thématiques. « Certains profs n’avaient jamais allumé un iPad. On a donc commencé par les bases. »

Aujourd’hui, une cinquantaine de professeurs utilisent l’iPad régulièrement, d’autres plus occasionnellement. « Il y a encore des réticents. Certains ont peur de se planter, d’autres attendent le nouveau référentiel pour revoir leurs cours. On leur dit : testez pendant un jour de grève, avec un petit groupe. Laissez-vous surprendre. »

Des usages variés, des projets qui inspirent

Les usages pédagogiques se diversifient. Des cours d’histoire s’appuient sur l’application Clips pour créer des capsules orales. Des professeurs de sciences utilisent Foxar pour la visualisation 3D. En citoyenneté, un journal a été créé avec Canva, incluant même des images générées par intelligence artificielle pour étudier les fake news.

Mais l’innovation la plus marquante vient de Jonathan lui-même. « J’ai développé deux applications pour l’école. L’une permet aux profs de consulter à tout moment les listes de classes, les options, les formulaires de réservation de salles, les contacts internes. L’autre facilite le travail quotidien des éducateurs en centralisant certaines informations utiles liées à la gestion des élèves. » Ces outils, développés en un mois grâce à une IA générative, sont déjà plébiscités par le personnel.

Un accompagnement global, jusque chez les parents

Conscients des inquiétudes liées au temps d’écran, Jonathan et son équipe ont pensé l’encadrement jusqu’à la maison. « Grâce à Jamf Parent, les familles peuvent gérer elles-mêmes les horaires et restrictions de l’iPad en dehors des heures scolaires. » Des tutoriels et des séances d’information sont proposés aux familles.

Et pour les plus fragiles ? Un fonds de solidarité permet de financer ou prêter des iPads aux familles dans le besoin. « Au début, certains parents n’osaient pas dire qu’ils n’avaient pas les moyens. Aujourd’hui, le secrétariat est formé pour détecter ces situations. »

Des défis à relever, mais une communauté en marche

Tout n’est pas encore parfait. Certains enseignants restent à convaincre. Des obstacles subsistent, mais la dynamique est lancée.

Et surtout, l’approche reste profondément humaine. « Ce n’est pas l’iPad pour l’iPad. On le sort quand il sert. On continue d’écrire à la main quand c’est nécessaire. On ne veut pas former des élèves à cliquer, mais à réfléchir. »

En résumé

À Liège Atlas, le numérique n’est pas une mode, mais un levier au service de la pédagogie. Grâce à une stratégie bien pensée, une infrastructure solide, un accompagnement constant et une écoute attentive des besoins de chacun, l’école construit pas à pas un modèle inspirant. Un modèle où l’on ne craint pas de tester, d’apprendre, et même… de se tromper.

« Il faut juste essayer. Si on se plante, ce n’est pas grave. On apprend. »

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